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Publié : 23 janvier 2009

Soirée Grenelle à St Nazaire

Cette soirée était organisée à l’initiative du groupe local Vert de Saint-Nazaire, en présence de François de Rugy, député Vert.

65 personnes étaient présentes à cet exposé sur le Grenelle de l’environnement, suivi d’un débat.

Le Grenelle, lancé en mai 2007, sous la pression d’associations environnementales (France nature Environnement, LPO...) a pris fin en octobre 2007. Processus rapide et limité dans le temps constateront certains participants.

Certaines mesures sont rentrées dès à présent en application, parmi elles : bonus-malus sur les véhicules, loi sur les OGM.

Le Grenelle 1 consiste en une loi d’orientation fixant des objectifs, elle est en cours de vote entre l’Assemblée Nationale et le Sénat (1er vote à l’Assemblée Nationale exprimé à l’unanimité).

Le Grenelle 2 consiste à déterminer les outils d’application du Grenelle 1, ce texte est actuellement rédigé mais aucune date n’est connue sur les débats à venir et son adoption.

Des réserves ont été émises sur le fait de séparer l’objectif de son application ; d’autre part, il ne s’agit certainement pas du programme des Verts mais de compromis entre les différents groupes de travail réunis courant 2007 ; enfin, le nucléaire est définitivement exclu du texte.

Un certain nombre d’amendements ont cependant amené des améliorations, certaines portées par les Verts
- passage à 23 % d’énergies renouvelables au lieu des 20 % prévus
- disparition des phosphates dans tous les produits lessiviels d’ici 2012
- biodiversité des semences
- utilisation de bois certifiés et biomatériaux

Des mesures existent dès l’origine du texte :

- division par 4 des gaz à effet de serre entre 1990 et 2050
- taxe sur les poids lourds d’ici 2011
- agriculture bio, objectif de 20 % de la surface agricole utile en 2020
- réduction de 50 % des pesticides d’ici 10 ans
- nouvelles constructions seront en basse consommation (50Kwh/m²/an)à partir de 2012

Quelques points noirs :

- pas de taxe sur le kérosène
- pas de remise en cause nette des constructions autoroutières
- pas de calendrier sur la taxe carbone
- tentative de revoir à la baisse les objectifs de basse consommation, en excluant les logements au chauffage électrique (amendement Ollier - UMP).

L’esprit de ce texte offre, en réalité, un ensemble de possibilités, mais n’a en aucun cas celui d’obligation.

Le plan de relance économique risque d’autre part de revenir sur certains principes élaborés lors du Grenelle 1 (interventions des lobbies).

Questions de la salle

-  Conséquences sur l’emploi ?

A partir de l’exemple du logement, des créations d’emploi sont attendues (isolation, énergies renouvelables). Par contre, ne rien faire amènerait des surcoûts dans l’avenir (prix de l’énergie nucléaire et fossile)

-  Piège face à la croissance verte ?

Nécessité de dénoncer les entreprises qui, par le marketing, se « blanchissent » en matière écologique. Nécessité aussi d’insister sur l’importance des mesures concrètes et les changements des mentalités.
Dénoncer certaines fausses bonnes idées : exemple des fermes solaires, mangeuses d’espaces et trop concentrées, et des pompes à chaleur (nouveau chauffage électrique).

-  N’est-il pas trop tard ?

Face aux risques annoncés, l’action politique est d’autant plus déterminante et se doit d’anticiper (crues plus fréquentes, transport en commun, transports marchandises par frêt)

-  Nouvelle offre électrique ?

Le développement des énergies renouvelables doit être une priorité, l’éolien en fait partie.
Actuellement l’Etat freine son développement sous la pression du nucléaire et cela malgré des condamnations de préfets par le conseil d’Etat.

-  Actions des collectivités locales ?

La dotation de l’Etat qui représente près de 50 % de leur budget, est en constante diminution. Or, elles représentent un levier très important en permettant la mise en place de circuits courts (entreprises locales, services publics locaux, marchés publics locaux.)
En période de crise, les actions des collectivités locales permettent d’amoindrir les conséquences économiques. Si le budget baisse, nécessité de trouver de nouvelles recettes (taxe carbone..)

-  Décroissance ou consommation joyeuse ?

Développer l’écologie est un plan gagnant (exemple du bio dans les cantines) qui nécessite souvent une attitude pragmatique (exemple de Brême en Allemagne où 22 % des déplacements urbains se font à vélo) accompagnée d’une indispensable pédagogie.

-  Notre Dame Des Landes ?

Projet Grenello-incompatible, son financement n’est toujours pas défini.
L’Etat et les collectivités se passent et repassent la patate chaude. Si le département prend en charge une partie de son financement, elle devra faire un choix politique entre le financement des collèges et celui de l’aéroport.

Le Partenariat Public-Privé envisagé, ne peut être, en raison de l’absence de rentabilité à moyen terme, une solution compatible avec ce projet.
L’heure de vérité sur les comptes approche.

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