Publié : 9 février 2012

L’écologie est un combat ...

Sans tricher – Éditions Les Arènes

Les Français ont le droit de savoir qui je suis, d’où je viens, ce que je crois : c’est l’objet de ce livre.
Je suis née en Norvège et, à vingt ans, je suis devenue française. Cela me donne un regard particulier sur notre pays : on aime toujours plus fort ce que l’on a choisi.
Mais au long de ces années, ma boussole a toujours été la même : ne pas tricher, ni avec moi-même, ni avec les autres. C’est pour cela que je choque parfois.

Je refuse les codes et le mensonge ordinaire.

La trahison de « ceux qui savent »

Les possédants ne sont pas toujours les meilleurs, loin s’en faut.
Au moment de l’affaire Elf, quand j’ai pu apercevoir le dessous des cartes des multinationales, je suis tombée de haut. [...] Ma vision du monde a commencé à changer. J’ai acquis la conviction que les décisions politiques n’étaient pas prises dans l’intérêt collectif. En tout cas, l’indignation qui m’a saisie a décuplé mon énergie.

Voilà d’où vient ce que mes ennemis appellent ma « dureté ».

Mon arrivée en France

J’avais vingt ans quand je suis arrivée en France dans les années 1960, entre la Norvège et la France, c’était le jour et la nuit.
Les Québecois emploient l’expression « tomber en amour ». Je suis littéralement tombée en amour avec ce pays. Je suis d’ascendance viking sur vingt générations au moins. Mais une partie de moi, de mes rêves, mes aspirations à « la vie bonne » dont parlait Montaigne, cette partie-là a immédiatement résonné avec la France, a fait corps avec elle

Au coeur de l’État

Presque tout le dossier de presse de ces années d’emballement médiatique est une saga où le vrai et le faux, le délirant et l’authentique ont fini par créer une fiction ayant l’apparence de la vérité.
Des « snipers verbaux », dans l’ombre, agissent pour leurs chefs en racontant tout et n’importe quoi.

Parfois, ce sont les acteurs de la vie politique eux-mêmes qui, « en off », recréent la réalité qui leur déplaît.

Retour en Norvège

À l’époque, le gouvernement norvégien était de centre-droit. L’ambassadeur a ajouté : « Les sujets que tu évoques passionnent nos ministres. Est-ce que ça t’intéresserait de venir aider le gouvernement à lutter contre la corruption et le blanchiment international ? » J’ai aussitôt accepté, alors même que je n’avais jamais imaginé revenir un jour en Norvège. Cela faisait 37 ans que je vivais en France avec mes enfants.

Je me sentais – et je me sens toujours – française à part entière.

La volonté obsessionnelle de privatiser, puis de marchandiser ces biens que l’on considérait autrefois comme des richesses communes à la disposition de tous comme l’air, l’eau ou les espaces naturels, est antiécologiste par principe. Dans des sociétés fracturées, déstructurées et profondément inégalitaires, la cohésion sociale se délite. Or, elle est absolument nécessaire pour amorcer le grand virage écologique qui s’impose et refonder de façon démocratique notre modèle de développement. Elle en est la condition même.

Mon entrée en politique

En novembre 2007, je sortais d’une conférence à Paris, et je devais donner une conférence à l’ONU J’ai eu soudain le sentiment que toutes ces paroles étaient utiles mais vaines
Un ami m’accompagnait dans l’avion. Je partageais avec lui cet accès de découragement. Il m’a demandé brusquement : « As-tu déjà pensé à faire de la politique ? » Je n’y avais jamais songé, parce que c’était en dehors de ma compétence.
Mais, peu à peu, l’idée s’est imposée à moi que je devais peut-être passer du rôle de conseil à celui d’acteur opérationnel  ; celui qui – via les lois, les textes – prend part au devenir du monde. [...]

Dany m’a dit : « Nous allons créer un grand parti démocratique pour la transparence, contre les paradis fiscaux, tes combats sont les nôtres, tu as ta place parmi nous. »

J’ai vu Fukushima

Pour la première fois depuis un demi-siècle, en France comme en Allemagne, le lobby nucléaire commence à perdre la main. De toutes mes forces, je le combattrai. Parce que j’ai vu Fukushima.

Je ne veux pas que mes petits-enfants grandissent avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Ce qui s’est produit à Tokyo peut demain toucher Paris ou Lyon.

Remettre le monde à l’endroit


J’avais vingt-quatre ans en 1968
. Si je ne devais retenir qu’un seul des superbes slogans de cette période, je choisirais celui-ci : Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi !
Notre projet et l’aspiration de la jeunesse du monde entier se rejoignent. Dans cette course à l’imagination, à la créativité et au partage, nous ouvrons un chemin vers l’avenir. Tenir bon, inventer et agir. C’est la seule voie qui vaille, j’en suis certaine.

La France coule dans mes veine. La France a d’abord été pour moi un rêve. Et au fond de moi ce rêve est toujours vivant : quoi qu’il arrive, je resterai cette jeune femme éblouie de marcher là où Voltaire et Rousseau ont marché, d’écouter la langue d’Apollinaire et de René Char, de savourer la lumière d’Anjou et les ciels de Bréhat, de refaire le monde dans une brasserie de Montparnasse.
Plus que les ancêtres, nos enfants sont nos vraies racines et notre point d’attache. Une mère donne tout à ses enfants et rêve du meilleur pour eux.

Mes enfants et mes petits-enfants sont mes racines françaises.

Je pense parfois à cette phrase de l’écrivain Romain Gary : Je n’ai pas une goutte de sang français, mais la France coule dans mes veines.

Article d’Hervé Kempf- Le Monde

L’atmosphère de la campagne électorale ne peut que désespérer les citoyens conscients de la gravité de la crise écologique

"Lors de son émission télévisée du 26 janvier, François Hollande n’a pas eu un seul mot ou pensée sur un sujet environnemental. On n’entend pas davantage les autres candidats sur ce thème, comme s’ils avaient tous intégré la parole de M. Sarkozy, le 6 mars 201: : " Toutes ces questions d’environnement, ça commence à bien faire. "

Les candidats, au demeurant, ne sont pas seuls responsables de ce déni.
Les journalistes aussi y ont leur part.

Ainsi, lors de l’émission " Des paroles et des actes ", le 12 janvier, Jean-Luc Mélenchon a évoqué par trois fois la question écologique. N’aurait-il pas été intéressant de titiller à ce sujet un homme issu de la gauche traditionnelle, allié à un parti historiquement productiviste et nucléariste, le Parti communiste français ?

Mais pour les éminences médiatiques, l’environnement ne fait pas partie des questions sérieuses :

  • changement climatique
  • étalement urbain,
  • rôle des produits chimiques sur la santé
  • plantes transgéniques
  • transports collectifs
  • économies d’énergie
  • déchets nucléaires

autant de thèmes absents du discours politique - et même des programmes.

Par exemple, les " engagements pour la France " de M. Hollande sont lacunaires en ce qui concerne l’environnement, et, pour ce qu’ils en disent, ils pourraient être repris mot pour mot par M. Sarkozy, à la seule différence près du passage à 50 % de la part du nucléaire.

Selon Denis Baupin, élu d’Europe Ecologie - Les Verts, l’aphasie du discours politique s’explique ainsi :

" Les politiques classiques veulent annoncer des lendemains qui chantent. Or, l’analyse de la situation écologique, surtout quand on n’a pas de grille de contre-propositions, leur apparaît probablement incompatible avec une bonne campagne. "

Cette explication est convaincante. Mais sans doute partielle : car l’obsession croissanciste et la solidarité avec les intérêts dominants expliquent aussi ce vide politique.

L’écologie, à vrai dire, n’a jamais avancé par un jeu spontané des institutions politiques - Etat, partis, médias.

C’est la lutte tenace de citoyens dévoués sur le terrain qui a fait avancer les choses et les esprits.

Il en ira de même à l’avenir, et l’on suivra donc avec attention :
- la chaîne humaine contre le nucléaire le 11 mars
- la manifestation du 24 mars contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes."

POLITIS

L’hebdomadaire Politis a fait récemment sa Une sur Eva Joly. Pour lire, cliquer sur le doc

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