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Publié : 3 février 2012

Aquaculture bio. Rêve ou cauchemar ?

Le journal "Le Monde" daté dimanche 29 / lundi 30 janvier 2012 est accompagné d’un supplément "GÉO & POLITIQUE", avec des informations sur la surpêche et le pillage des mers.

Nous sommes habitués, concernant la diminution des stocks de poisson, à nous intéresser quasi uniquement aux poissons que nous mangeons, qu’ils soient présents sur nos marchés ou surgelés.

Ceux qui s’intéressent à la Politique Commune des Pêches au niveau Européen suivent de plus près les questions de TAC (total admissible de captures) et quota, qui font l’objet d’âpres discussions entre scientifiques et politiques dans un premier temps, et de marchandages dans un deuxième temps.

Mais ceci ne concerne que les poissons pêchés par les flottes des navires de pêche européens.

L’intérêt de l’article du Monde est de montrer comment une espèce que nous ne mangeons pas, mais qui est primordiale dans la chaîne alimentaire, est actuellement l’objet d’un pillage dramatique, qui met en danger l’ensemble des autres espèces. Loin de chez nous, au large du Chili, dans les eaux internationales.

Passage important de l’article : une bonne partie des prises est transformée en aliments pour l’aquaculture et les porcs.

Et il faut 5 kg de chinchards pour produire 1 kg de saumon d’élevage

Or, contradiction de la politique commune des pêches, l’Europe mise sur un développement fort de la filière aquaculture pour pallier à la baisse des ressources en poissons sauvages.

Pas de problème peut-être pour les poissons végétariens. Mais lorsqu’il s’agit de poissons carnivores, on utilise le poisson-fourrage, c’est à dire la farine de poisson fabriquée en grande partie à partir de ces chinchards, dont le stock est passé de 30 Millions de tonnes à moins de 3 Millions en 20 ans.

Mais revenons au titre : rêve ou cauchemar ?

Un certain nombre de producteurs de saumons font aujourd’hui des efforts pour produire mieux. Plus d’espace dans les cages, suppression des antibiotiques, et alimentation à partir de farines de poissons pêchés dans des zones non polluées. Avec cela ils ont réussi à obtenir un label bio.
Mais où sont les zones non polluées en question ? - Pas en mer Baltique ou en mer du Nord !

Conclusion

Quand vous mangez du "saumon bio", il y a de grandes chances pour qu’il ait été nourri par des farines de chinchard du Pacifique Sud.

Le rêve d’une aquaculture qui préserverait la biodiversité marine se transforme en cauchemar. Elle participe au contraire à sa destruction.
Et ceci tant que l’aquaculture concernera des poissons carnivores.