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Publié : 21 novembre 2011

Accord EELV /PS : ça passe au Conseil Fédéral !!!

Échos du Conseil Fédéral par Danièle Estay élue à cette assemblée

Le Conseil Fédéral (CF), ce sont 150 délégués élus, soit en Assemblée Générale Régionale, soit au Congrès national. Ces délégués sont signataires de motions portées par des leaders :

-  Dany Cohn-Bendit pour "CETT"

-  Jérôme Gleize pour "Envie "

-  Cécile Duflot pour "Maintenant"


Graphique du site Matiere Primaire.fr

A La Rochelle, au dernier Congrès, ces trois motions avaient réussi à se mettre d’accord sur une motion dite de " synthèse " qui fixait le cap du nouveau parti pour les trois années à venir.

Grand jour... Ce samedi 19 novembre, l’amphi est trop petit ...

Nombreux sont les parlementaires nationaux ou européens présents, parmi eux Dominique Voynet, ancienne secrétaire nationale.

Beaucoup de responsables régionaux sont montés à la capitale et assistent aux débats.

Mais aussi des militants d’Ile de France intéressés par La question !!!

Et sur 150 conseillers fédéraux élus, 130 sont présents.

Le débat se déroule à huis-clos. Cela se traduit sur le trottoir encombré de camions de retransmission télévisée, de pieds de micros et caméras, de journalistes et de perchistes ...

Certains passants s’exclament : "on tourne un film ... ?"

Après le discours argumenté de Cécile Duflot, parfois avec des tremblements dans la voix qui témoignaient certainement de l’importance des enjeux, la liste des inscriptions pour les prises de parole comptait 75 interventions !!!

Chaque intervention devait être limitée à 2 minutes... Exercice impossible qui conduira à un tirage au sort pour les dernières interventions.

Seuls les conseillers fédéraux seront amenés à se prononcer sur l’ accord EELV/PS par un vote nominatif. Cette procédure de vote implique que la liste de ces conseillers fédéraux soit adjointe au compte-rendu du CF mentionnant leur vote.

Ainsi chaque militant peut connaître le nom des :

- 96 conseillers qui se sont prononcés pour l’accord
- 31 conseillers qui se sont prononcés contre l’accord
- 3 conseillers qui se sont abstenus

Parmi eux, un conseiller fédéral commencera son intervention par cette phrase paradoxale :

"Le Conseil Politique de ma région s’est prononcé contre l’accord, mais après beaucoup de réflexions, personnellement, je voterai pour...".

Cette intervention à la tribune du CF résume bien la situation :

- d’une part la difficulté pour les délégués au CF de prendre connaissance du texte de l’accord puis de l’analyser et d’arrêter une position de vote

- d’autre part, le fossé qui se creuse aujourd’hui entre les militants structurés en région et un corps que nous appellerons des "cadres intermédiaires du parti" au niveau national. Cette organisation est structurée et organisée au prorata du poids des motions votées au Congrès, motions que même l’arrivée d’Europe Ecologie n’a pu faire disparaitre du parti !

Danièle Estay, adhérente du groupe local presqu’île, est également conseillère fédérale, élue au niveau régional de la motion Envie dont les signataires ont voté très majoritairement contre le projet d’accord,comme l’explique le communiqué ci-dessous :

Le conseil fédéral d’EELV a approuvé le 19 novembre l’accord programmatique et électoral avec le PS pour la séquence de 2012.

Au long des débats, les délégué-e-s Envie se sont exprimé-e-s contre cet accord pour les principales raisons suivantes :

-  François Hollande ne cesse de réaffirmer qu’il fera tout pour garder le triple A. Nous ne pouvons admettre que les parlementaires EELV soient amené-e-s à voter un budget d’austérité sans même que les désaccords entre EELV et le PS sur l’objectif d’un déficit public ramené à 3 % du PIB dès 2013 aient été réglés.

-  Après avoir affirmé des conditions incontournables pour un accord, les reculs enregistrés sur la sortie du nucléaire, l’arrêt de l’EPR, le maintien du MOX et de la Hague durant la législature, ne sont pas dignes des combats menés par les écologistes depuis les années 1970.

-  Aucun calendrier n’est fixé pour l’adoption de la proportionnelle, ce qui maintient une épée de Damoclès sur les écologistes sans garantir leur indépendance en 2017. Nous avons l’expérience de la législature 1997-2002. Nous n’avons même aucun chiffre précis sur la part de proportionnelle qui serait éventuellement adoptée.

-  Le prix payé par le PS en circonscriptions réservées peut sembler bon, mais la multiplication des dissidences déjà déclarées, assumées, voire soutenues par les cadres socialistes permet de douter du résultat final.

-  Enfin, comment être en confiance, alors que le PS a prouvé avec quelle facilité il cédait au lobby nucléaire ? Demain, à qui le tour ? La FNSEA, le MEDEF, l’industrie phytosanitaire ? A ce compte, n’aurions nous pas dû négocier directement avec les agences de notation.

Malgré la conjonction des pressions médiatique et politique, plus de 26 % des conseiller-e-s fédéraux ont partagé notre choix de ne pas accepter ce mauvais accord.

Envie entend poursuivre dans la voie de l’écologie de combat.

Notre article précédent : la semaine de tous les dangers, ça passe ou ça casse !