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Publié : 30 juin 2011

Qualité des eaux de baignade : après les algues vertes, les boues portuaires ?

Qualité des eaux de baignade : après les algues vertes, les boues portuaires ?

Il est vrai que l’arrivée des algues vertes sur notre littoral, n’annonce rien de bon pour la saison touristique. Il a fallu qu’elles arrivent à La Baule pour faire réagir certains élus locaux. L’ annonce lors du conseil communautaire de Cap atlantique d’un plan d’action est loin de nous rassurer.

A donc été annoncé :

- l’acquisition et la mise à disposition pour les communes de testeurs d’hydrogène sulfuré afin d’assurer la sécurité des agents travaillant sur les tâches de ramassage des algues, répondant ainsi aux préconisations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail de juillet 2010

- le financement de l’épandage des algues vertes sur les parcelles agricoles en attendant l’implantation d’une unité de compostage avec l’aide de l’Etat et l’expérimentation d’un chenillard de ramassage

Tout ce dispositif en aval…et si peu de voix pour dénoncer en amont les méfaits de la politique agricole productiviste

Depuis plusieurs années les Verts Presqu’île, aujourd’hui Europe Ecologie-Les Verts Presqu’île, alertent sur ces arrivées sans voir réagir la majorité des élus locaux ; maintenant que la crise est là, ces élus condamnent la lenteur de l’Etat et organisent l’épandage des algues sur les terres agricoles, créant ainsi un cercle vicieux en raison du ruissellement des eaux de pluies ramenant les nitrates en mer.

Mais, les eaux de baignade, dont dépend fortement l’activité touristique, sont aussi soumises à un autre fléau : les boues de dragage des ports.

L’avis donné ces derniers jours , suite à l’étude du cabinet Créocéan, commandée et financée en partie par les élus du littoral, préconise l’immersion en mer plutôt que le traitement à terre des boues de dragage des ports, en particulier des ports de plaisance .

Sera-t-il suivi par les maires du littoral ?

Si pour des raisons économiques, ces élus suivent cet avis, nous risquons fort de voir la qualité des eaux de baignade mais aussi de pêche, continuer à se dégrader dans un proche avenir.

Aujourd’hui, malgré des normes qui fixent des seuils de contaminants à ne pas dépasser (mais qui le sont parfois), les perturbations sur l’environnement côtier et les pêcheries sont réelles. Les rejets en mer sont en contradiction avec la Directive cadre européenne sur l’eau de 2000 qui fixe à 2015 la date butoir pour la reconquête de la qualité de l’eau (des dérogations jusqu’à 2027 sont déjà prévues) et la Directive cadre Stratégie pour le milieu marin de 2008 qui vise le bon état écologique du milieu marin.

Ces rejets sont également en contradiction avec le Grenelle de la Mer qui ambitionne notamment de protéger 20 % des eaux françaises (eaux territoriales et zones économiques exclusives) d’ici 2020

Ne serait-il pas temps ici aussi d’anticiper plutôt que reporter sur les générations futures les conséquences de nos actes ?

A lire nos articles : algues vertes à La Baule et méthanisation