Contrairement à deux communes de la Presqu’île :
La Baule qui a fait le choix d’une gestion privatisée des services de cantine et de ce fait maîtrise à la marge l’approvisionnement en denrées.
Guérande qui bien qu’en régie municipale trouve toutes les bonnes raisons pour freiner le passage au bio (manque de producteurs locaux, coûts...), d’autres collectivités territoriales agissent pour développer le bio dans la restauration scolaire.
Deux exemples ont retenu notre attention *concernant la volonté politique de certains élus pour permettre la mise en place pérenne d’aliments bio dans les cantines.
Pas d’effets d’annonce mais une suite d’actions concrètes que nous aimerions voir appliquer en Presqu’île.
La région Nord est décidément très active en matière d’introduction de produits bio dans les cantines :
La ville de Lille souhaite introduire à terme 50% de produits issus de l’agriculture biologique dans ses restaurants scolaires.
Le Conseil Régional s’implique politiquement dans cette démarche en achetant des terres à Saint Omer (62) pour les convertir à l’agriculture biologique. L’exploitation de ces terres sera confiée au CFA (Centre de Formation des Apprentis) de Saint Omer qui approvisionnera ainsi le lycée agricole voisin en produits bio.
C’est ce que l’on appelle faire d’une pierre 2 coups. Former de futurs agriculteurs à la culture biologique et augmenter l’offre de produits bio.
A Mouans-Sartoux, cette commune de 10 000 habitants, voisine de Cannes, est engagée depuis plusieurs années dans une démarche de respect de la santé, de l’environnement et des règles de nutrition.
“Nous ne sommes pas trop pour les gadgets, du type un repas bio par mois pour nous donner bonne conscience, confirme Gilles Pérole, adjoint à l’enfance et à l’éducation. Nous avons fait de vrais choix pour la restauration scolaire, notamment celui de servir des produits de qualité et bien préparés.â€
Les élus n’ont donc pas opté pour une délégation de service public, mais pour une régie municipale, permettant de maîtriser la chaîne de A à Z.
Les trois écoles ont leur propre cuisine, avec au total 18 agents. Et peu à peu, le bio s’est invité dans les assiettes des élèves.
Avec la crise de la vache folle, le boeuf bio est devenu incontournable.
En janvier 2008, ce fut au tour du pain. Le pain, semi-complet à base de farine de type 80, est cuit par un artisan de la ville. L’intérêt est que l’enveloppe du blé, qui contient des nutriments essentiels, est conservée.
Depuis janvier 2009, les pommes – qui parfois subissent jusqu’à trente traitements avec d’être croquées ! –, les salades, les laitages sont aussi issus de l’agriculture biologique. En janvier prochain, les enfants souhaiteront la bienvenue aux pommes de terre, carottes, compotes, pâtes et autres céréales (quinoa, boulgour…) bio.
“Procéder par étape permet d’être honnête vis-à-vis des familles, justifie Gilles Pérole, l’adjoint au maire. Lorsqu’on introduit une fois un aliment bio, il faut qu’il le reste. Sinon, personne ne s’y retrouve. Les cuisiniers doivent ajuster leurs recettes. Si ce n’est pas constant, le temps de recherche d’un plat qui plaira aux enfants ne sera pas réinvesti.â€
En 2010, Mouans-Sartoux sera donc passé de 23 % de bio dans ses repas à 43 % !
Soit un surcoût de 17 000 euros sur l’année pour la municipalité .
Le prochain grand projet consistera à développer des achats de proximité pour réduire le coût des denrées. “Pour nous, bio ne veut pas dire servir des poires bio venant d’Argentine, poursuit l’adjoint au maire.
Nous avons un terrain à disposition et nous voulons donc d’ici septembre 2011 créer notre propre filière d’approvisionnement en produisant l’ensemble de nos légumes.â€
Des décisions qui sont chaque fois expliquées aux enfants et aux parents, pour éviter les gaspillages notamment.
Avec des jardins pédagogiques dans les écoles ou la pesée des poubelles à la fin des repas, un effort important de communication est réalisé.
“Cet engagement pour le développement durable est très bien ressenti par la majorité des parents qui adhèrent à cette démarche, confirme Sophie De Canson, présidente de l’association de parents d’élèves FCPE de l’école Aimé Legall. Je ne sais pas bien si les enfants perçoivent bien cet aspect-là mais l’éducation au goût et à l’équilibre alimentaire est très développée, c’est certain.â€
En tous cas, les enfants ont accepté de se priver de ketchup et mayonnaise et se régalent dorénavant de sauces maison.
Plus d’infos sur cette démarche : http://www.mouans-sartoux.net/ !mouans/telechargement/FICHE%20agriculture%20biologique%20INITIATIVE%20Mouans%20Sartoux.pdf
* Ma cantine Bio : http://macantinebio.wordpress.com/
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