Publié : 24 février 2010

L’avenir de la navale

De l’urgence sociale à la conversion écologique de l’économie

Pour une construction navale durable !

Europe Ecologie s’associe aux inquiétudes de chacun au regard de la situation du carnet de commandes des Chantiers navals. A cet égard la manifestation du 3 mars doit retentir jusqu’au palais de l’Elysée.

La situation est critique car, si les Chantiers navals n’enregistrent pas de nouvelles commandes d’ici juin 2010 (livraison du navire EPIC pour NCL), la pérennité du site sera posée. La sous activité actuelle est difficile pour tous les salariés impactés par le chômage, mais aussi pour l’ensemble de la communauté du bassin d’emploi.

A court terme, STX a besoin des deux navires de MSC pour sauvegarder l’emploi et le savoir-faire. Le marché de la croisière est celui qui résiste le mieux à la crise des constructions navales.

Le jeu de poker menteur entre l’Armateur et le Chantier n’a que trop duré. L’Etat, l’actionnaire STX et l’armateur doivent faire les efforts financiers nécessaires à la concrétisation de cette commande. La garantie bancaire que doit apporter l’Etat ne peut être soumise à des calculs électoraux. Il faut immédiatement redonner de l’activité et de la profondeur au carnet de commande du Chantier.

Après cette commande, la Direction de STX, les actionnaires, les collectivités territoriales, les organisations syndicales devront définir une politique industrielle de la construction navale française et européenne.

Pour une construction navale diversifiée

Il est donc nécessaire de soutenir une diversification en complément de l’activité paquebots. La conversion écologique de l’économie, c’est précisément de répondre aux urgences sociales actuelles et d’anticiper sur les activités de demain. Les atouts de St Nazaire sont considérables, les compétences des personnels et du tissu de la sous-traitance sont reconnues. Ce potentiel peut être élargi aux nouvelles activités liées à la mer sur ce site industriel de 120 ha.

Europe Ecologie avance des solutions durables qui relocalisent les emplois industriels et s’inscrivent dans des productions plus écologiques.

Les politiques françaises en matière d’environnement et de diversification sont toujours en retard. Des pays européens occupent déjà les secteurs des énergies renouvelables off shore, de la construction d’éoliennes, des navires spéciaux de transport et de maintenance maritime.

Les EMR (Energies Maritimes Renouvelables) : deux grands projets à court terme sur la côte, « Les 2 îles » entre Noirmoutier et l’île d’Yeu, et le projet du banc de Guérande, donnent l’opportunité de créer une filière « éolienne française ». La France ne peut se résigner à importer des éoliennes alors qu’elle dispose de compétences et d’infrastructures industrielles et portuaires.

De même, le chantier naval nazairien est en capacité de construire les 6 à 8 navires utiles à la mise en route des Autoroutes de la mer, c’est à l’Etat et s’il le faut aux collectivités de financer ces besoins utiles à un transport écologique des marchandises.

Concernant la construction de navires, il est nécessaire de revoir les règles du jeu concurrentiel au niveau mondial, de revoir les conditions des aides à l’investissement des armateurs européens, qui commandent leurs navires hors Europe : CMA CGM, Louis Dreyfus (Transport des tronçons d’Airbus), Bourbon. Il est nécessaire de créer un fonds de garantie européen.

La France est le seul pays où les constructions navales, civiles et militaires, sont dissociées. Quelle stratégie avec DCNS, quelle flotte navale européenne ? Ces questions ne peuvent en permanence être repoussées.

L’activité de construction navale est stratégique et des besoins existent. La compétence ne peut pas disparaître de l’Europe, de la France et donc de Saint-Nazaire.

Pour un développement du Port

L’abandon du projet d’extension du Port sur le site sensible de Donges Est, contre lequel seuls les écologistes se sont opposés, permet d’ouvrir des perspectives de développement des activités dont beaucoup semblaient douter. Ces perspectives sont d’ailleurs inscrites dans la nouvelle stratégie de développement du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire.

Des aménagements rationnels sur les sites de Montoir de Bretagne peuvent faire passer l’activité des Conteneurs de 150.000 à 800.000 unités et multiplier par 6 les rotations des navires RoRo. Cet objectif n’est possible que si les collectivités territoriales et l’Etat ont la volonté politique de créer une véritable Autoroute de la mer, beaucoup plus ambitieuse que les dessertes maritimes classiques baptisées abusivement du même nom. Les autoroutes de la mer c’est un mode de transport pérenne, qui désengorge les routes et qui est beaucoup plus écologique.

Les activités portuaires, c’est 3.000 emplois directs et cinq fois ce chiffre en emplois induits. Il y a là un potentiel d’activités lié aux choix d’aménagement, d’investissements et aux volontés des politiques commerciales.

Pour ne pas fragiliser l’industrie aéronautique locale

Opposée au projet inutile et ruineux de la construction d’un nouvel aéroport sur les 1.650 ha du bocage de Notre Dame des Landes où existent des emplois agricoles non délocalisables, Europe Ecologie propose un autre projet de société que l’UMP et le PS.

Le PS et l’UMP veulent cet aéroport avec des routes, des voies ferrées, des ponts… C’est la continuité des grands travaux inutiles, que personne ne sait comment financer et qui tournent le dos aux urgences sociales et environnementales.

Cette vision du passé et dépassée, où l’on continue à laisser croire aux vertus du dogme de la croissance sans condition sur les choix à faire, est celle qui conduit le pays au chômage et à la précarité.

Contrairement aux accusations simplistes, les écologistes ne sont pas contre la construction d’avions. Ils entendent soutenir les activités et les emplois locaux de l’aéronautique.
Les salariés sont conscients que le choix politique des socialistes de fermer la piste de Nantes Atlantique fragilise les activités du site de Bouguenais. C’est une erreur politique majeure dont les salariés risquent à terme de payer les conséquences.

Cette décision sert à masquer un transfert incompatible avec le Grenelle de l’environnement.


Europe Ecologie, c’est une rupture avec les impasses économiques et sociales d’aujourd’hui. Chaque voix pèsera le 14 mars pour ouvrir d’autres solutions plus proches des besoins des citoyens de notre Région.