Vous êtes ici : Accueil > Les dossiers > Relations Internationales > Retour de Palestine et conférence de l’Association France Palestine (...)
Publié : 27 novembre 2009

Retour de Palestine et conférence de l’Association France Palestine Solidarité à Guérande

Les femmes en noir

En ce mois d’Octobre 2009, en solidarité avec le peuple palestinien, deux Guérandaises, Marie-Claude et Odile, manifestaient avec les Femmes en Noir à Jérusalem.Cette association de femmes israéliennes lutte depuis 14 ans contre la politique raciste de leur gouvernement.

Tous les vendredis, de 13 à 14 heures, sur la place de France à Jérusalem-Ouest, elles manifestent leur foi en la Paix ; elles demandent de mettre fin à l’occupation de la Cisjordanie et de lever le blocus de la bande de Gaza.

Interview

Dominique et Odile Chedemois, accompagnés d’un autre couple guérandais, Jean-François et Marie-Claude, reviennent d’un voyage de 3 semaines à travers la Palestine, bouleversés par les témoignages et les contacts palestiniens et israéliens.

Retour sur ce voyage à travers quelques questions posées à Dominique et Odile, adhérents des Verts Presqu’ile :

- En quelles circonstances avez-vous programmé ce voyage ?

En tant que Verts, nous avons toujours été soucieux et attentifs aux conditions de vie du peuple palestinien.
En 2008, lors d’une journée de solidarité, nous avons rencontré l’association France Palestine Solidarité (AFPS) http://www.france-palestine.org/ qui nous a proposé de partir pour une mission cueillette d’olives.

- En quoi consiste cette mission ?

Les colonies israéliennes sont généralement situées en haut des collines, entourées de barbelés souvent électrifiés et surveillés par des miradors. Tout autour, une bande de terre de 300 m de large a été définie comme no man’s land, interdite aux palestiniens.

Nous avions pour mission de nous rendre dans cette zone pour cueillir les olives, sauver ainsi la production et prouver qu’elles sont toujours exploitées par les paysans palestiniens.

En effet, l’ Etat d’Israë l utilise une vieille loi Ottomane qui précise que toute terre non exploitée durant 3 ans devient de fait propriété de l’autorité, c’est à dire qu’elle devient israélienne étant donné que l’état de Palestine n’est toujours pas reconnu.

L’AFPS travaille en collaboration avec les Comités de Défense de la Terre (organisation de paysans palestiniens).

- On parle souvent de l’enjeu de l’accès à l’eau dans cette partie du monde, l’avez vous constaté sur place ?

Israë l interdit aux palestiniens de creuser des puits.

L’état d’Israë l contrôle 99 % de l’eau. Le prix au robinet pour les palestiniens est de 1 euro par m3 jusqu’à 15 m3 ; au delà, il est multiplié par 3. Pour les colonies israéliennes, le prix est de 1 euro mais sans limite de consommation.

La consommation journalière par habitant est de 260 litres pour israélien et de 70 litres pour un palestinien.

Nous avons rencontré le responsable d’un village palestinien de 15 000 habitants qui a conclu un accord avec Israë l pour un approvisionnement d’eau de 60 m3 / heure. Mais depuis 3 mois, l’approvisionnement se limite à 10 m3 / heure alors que de l’autre côté du mur, les colonies israéliennes profitent de piscines et de pelouses vertes.

A l’est du pays, la vallée du Jourdain est décrétée zone militaire interdite aux palestiniens, mais cette zone est exploitée par des colonies juives sur 80 km le long du Jourdain (interdit d’accès) pour des cultures maraîchères, produits que nous retrouvons sur les marchés français.
Le pompage intensif dans les eaux du Jourdain pour l’irrigation réduit dangereusement d’année en année le débit de ce fleuve qui tend à devenir celui d’un ruisseau. De plus, l’emploi massif de produits phytosanitaires contribue à sa pollution.

C’est une bonne raison de boycotter ces récoltes qui poussent sur une terre volée et arrosées avec de l’eau confisquée.

- Avec la construction du mur et l’extension des colonies, que reste-t-il comme espoir ?

Le peuple palestinien est usé et humilié en permanence par cette occupation militaire.

On estime à 10 000 le nombre de palestiniens qui passent clandestinement le mur pour aller travailler « au black » sur les chantiers israéliens ; ils pourraient très facilement passer des armes pour des attentats, ce qui prouve l’inutilité de ce mur de plus de 700 Kms de long, pour une frontière de 350 Kms ; s’il n’y a pas plus d’attentats, c’est en raison de la volonté du peuple palestinien de rechercher la paix, avec le slogan : 2 états pour 2 peuples.

Le peuple palestinien n’imagine plus une victoire militaire, même si les jeunes sont toujours en colère (les jets de pierre sont fréquents) en raison du chômage, du sentiment d’injustice et du manque de libertés.

A Hébron, nous avons manifesté sur des terrains pris aux paysans palestiniens par des colons, nous étions accompagnés par des jeunes et des moins jeunes israéliens, qui nous ont dit avoir honte de ce que fait leur gouvernement ; ils ont été arrêtés par la police et nous avons été rejetés manu militari du terrain à coups de grenades assourdissantes !!!!

Nous avons rencontré des palestiniens et des israéliens qui luttent ensemble pour une paix juste et durable et ayant tous un point commun : la lutte contre la politique menée par l’actuel gouvernement israélien, qui a construit un mur pour s’isoler des palestiniens. Mais nous pensons que ces politiciens israéliens, avec l’aide des intégristes religieux, vont envoyer leur peuple dans le mur...

Les militants de la Paix attendent beaucoup d’une pression internationale pour faire plier le gouvernement israélien.

Nous devons faire pression sur nos gouvernants au niveau de l’Europe pour dénoncer les accords commerciaux privilégiés que nous entretenons avec Israë l, tant que les droits de l’homme ne seront pas respectés en Palestine.

L’association France Palestine Solidarité vous invite à partager le vendredi 4 décembre à 20 h 30, salle de l’Amicale Laïque, rue du Sénéchal à GUERANDE, des témoignages sur la vie oppressante et humiliante du peuple palestinien.

Seront évoqués :
- les expulsions qui continuent à Jérusalem
- les vols de terrain par les colons en Cisjordanie
- l’extension des colonies
- les routes d’apartheid interdites aux palestiniens
- la construction du mur qui continue malgré les condamnations par les tribunaux internationaux.